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NUKU-HIVA (987) 22.10.1988

Observé le : 22-10-1988
Région : Outre-Mer
Département : Polynésie française
Classe : A
Résumé : NUKU-HIVA (987) 22.10.1988. Multiples observations du passage de boules lumineuses d'intensité variable dans le ciel : rentrée atmosphérique d'un étage supérieur de fusée.
Description : Le GEIPAN continue à publier l'ensemble de ses archives sur son site public www.geipan.fr. Dans ses publications, figurent des cas anciens classés à l'époque (A, B, C ou D) et qui font aujourd'hui l'objet d'un réexamen, dans le seul but d'être plus pertinent dans les conclusions. Grâce à de nouveaux moyens techniques (logiciels) et à l'expérience d'enquête acquise depuis toutes ces dernières années, ce réexamen aboutit quelquefois à de nouvelles remarques voire à un changement de classification.
Ce cas d'observation précédemment classé D et nommé NUKU HIVA (987) 1988 fait partie d'un ensemble de cas réexaminés récemment.
Le 22 octobre 1988 vers 3 heures 30, plusieurs témoins en Polynésie française observent le passage de boules très lumineuses de couleur blanche ou rouge-orangé selon les témoignages. Ce phénomène lumineux a une trajectoire rectiligne dans le ciel et aucun bruit particulier n'est entendu. Quatre témoignages sont recueillis tardivement. L'enquête de gendarmerie note également que cette nuit là deux équipages des compagnies New Zealand et UTA font état d'observations de phénomènes avec notamment de longues trainées de condensation au large des îles Marquises.
Plusieurs boules lumineuses avançant ensemble dans le ciel avec des trainées, lueurs d'intensité différentes, formes ogivales pour certaines: tous ces éléments sont caractéristiques d'une rentrée dans l'atmosphère d'un météoroide avec fragmentation ou d'un engin spatial. L'hypothèse "engin" l'emporte car cela est observé sur un temps assez long ( > 1 minute) et le déplacement angulaire dans le ciel n'est pas très rapide.
A l'époque le GEIPAN avait moins d'expérience en témoignages de ce type et l'accès à l'information pour retrouver l'engin à l'origine était plus difficile.
Aujourd'hui il est possible d'identifier dans les répertoires du NORAD (North American Aerospace Defense Command) une liste d'objets ou engins ayant fait une rentrée ce jour-là (ils sont plusieurs) et, grâce aux orbites finales données par le NORAD et les outils de tracé, de retrouver celui passant dans les conditions géométriques conformes à l'observation et donc à l'origine de l'observation.
Comme indiqué dans la reconstitution ci-jointe, vers 13H45 TU le 22 octobre, soit 4H15 en heure légale (les témoins sont peu précis, ils témoignent entre 2 et 5 semaines après l'observation et indiquent autour de 4 h du matin), l'objet spatial n°19597, étage supérieur de la fusée ayant servi à lancer le satellite Raduga 22, passe à proximité du lieu d'observation dans des conditions géométriques conformes à celles observées, c'est à dire de NW vers SE, tel que décrit par T3 et T4 , les deux témoins les mieux placés (au plus près) pour comprendre la trajectoire.
Vu sa localisation, on peut comprendre que T2 n'ait principalement perçu que la composante W vers E de la trajectoire. Par contre la trajectoire correspondant à l'observation de T1 ne correspond pas du tout (erreur de tracé dans le PV ?). Compte tenu des autres témoignages, et aussi des indications (voir PV) d'équipages de deux avions de lignes ayant décrit le même phénomène en survol proche de Nuku-Hiva (avec indication de sens W vers E pour celui qui le mentionne), nous considérons que le témoignage de T1 ne peut être opposé à l'hypothèse.
En conséquence, le GEIPAN classe le cas en A : rentrée atmosphérique d'un étage supérieur de fusée.
Compte-rendu : reconstitution.pdf
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Archives csv de l'ensemble des cas et témoignages publiés sur le site du GEIPAN

 

Ces archives sont des fichiers au format csv qui peuvent être importés dans des systèmes de gestion de base de données ou dans des tableurs.

Elle ne comprennent que les données descriptives des cas et des témoignages, les documents associés restent téléchargeables sur la page des cas. Par souci d'anonymat, les coordonnées géographiques fournies sont celles du centre ville de la commune d'OBSERVATION pour les cas récents (après mars 2008), et celle de la gendarmerie de dépôt du procès verbal d'OBSERVATION pour les cas anciens.

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