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(DEP) CHER (18) 18.08.1987

Observé le : 18-08-1987
Région : Centre
Département : Cher
Classe : C
Résumé : (DEP) CHER (18) 18.08.1987. Observations depuis deux communes par trois témoins du déplacement silencieux d'un phénomène lumineux dans le ciel nocturne : manque d'information.
Description : Le GEIPAN continue à publier l'ensemble de ses archives sur son site public www.geipan.fr. Dans ses publications, figurent des cas anciens classés à l'époque (A, B, C ou D) et qui font aujourd'hui l'objet d'un réexamen, dans le seul but d'être plus pertinent dans les conclusions. Grâce à de nouveaux moyens techniques (logiciels) et à l'expérience d'enquête acquise depuis toutes ces dernières années, ce réexamen aboutit quelquefois à de nouvelles remarques voire à un changement de classification explicité dans une note d'enquête. Ce cas d'observation précédemment classé D et nommé NEUVY SUR BARANGEON (18) 1987 fait partie d'un ensemble de cas réexaminés récemment (Voir les notes d'enquête).

Le 18 août 1987 vers 22h15 un habitant (T1) de NANCAY (18) et deux habitants (T2 et T3) de VOUZERON (18) observent depuis leur domicile un phénomène lumineux en direction du Nord-Nord-Ouest dans le ciel. T1 décrit "deux lumières" se déplaçant conjointement et sans bruit. T2 décrit le PAN comme étant une "lueur vive couleur blanche" ayant la forme "d'un cigare lumineux" et effectuant un virage pour partir en direction de Vierzon. T3 décrit le PAN comme étant " une grosse lueur blanche brillante" et après avoir bien observé le PAN il lui semble voir "deux lueurs brillantes blanches légèrement plus petites ainsi qu'une "lumière rouge clignotante" située sous le PAN. T3 confirme le virage et le départ en direction de Vierzon.

Bien que les témoins décrivent une même direction d'apparition du PAN, il n'est pas certain qu'ils aient observé la même chose, car les descriptions de PAN observés sont différentes surtout entre T1 d'une part, et T2 et T3 d'autre part.

Les témoins sont persuadés d'avoir vu un « OVNI ». Pourtant l'observation présente beaucoup de caractéristiques d'une méprise avec un avion de ligne : présence de plusieurs lumières, forte luminosité, virage dans la trajectoire.

Le long délai entre l'observation et ce réexamen du cas par le GEIPAN empêche toute identification formelle de l'éventuel avion responsable de l'observation. Néanmoins, une reconstitution montre que les vols en partance de Paris en direction de l'Afrique de l'Ouest (exemple : Dakar) survolent régulièrement la région où a eu lieu l'observation. Or, il est à noter que lors de ces survols, les avions atteignent alors leur altitude de croisière et entament un virage vers le Sud-Sud-Ouest dans la région de Nançay. Ce changement de trajectoire est très cohérent avec le virage effectué par le PAN décrit par les témoins.


Puisque les avions survolent habituellement le secteur, il a fallu des éléments créateurs d'étrangeté par rapport à un avion usuel. Ces éléments diffèrent selon les témoins, même entre témoins (T2 et T3) dont on est certain qu'ils ont vu le même PAN. Il semble que ce soit :

- La forte lueur blanche (T2 et T3), unique pour T2, double pour T1, et aussi (mais de manière moins distinguable sans que l'on sache si c'est en plus ou non d'une lumière unique plus forte) pour T3.

- La forme de cigare lumineux pour T2, forme allongée pour T3. Rien de tel pour T1.

- L'absence de bruit, dont l'étrangeté viendrait d'une perception de distance limitée puisque la forme du PAN est distinguable (pour T2 et T3).


Cette dominance de lueur blanche peut résulter des phares de l'avion (ou des avions si plusieurs PAN). Il pourrait ainsi s'agir d'avions qui ont leurs phares allumés soit après décollage (le plus probable) soit avant atterrissage. T1 a pu voir les deux phares d'un même avion. Les phares peuvent être allumés au-dessous de 4000 m ou lors de phases de changement de niveau de vol. Ces avions ne sont peut-être pas des avions en phases de croisières et ne sont peut-être pas des avions de lignes. La présence de phares peut expliquer la perception de forme ou cigare lumineux par la réflexion sur la carlingue (cas de phares dans les ailes), elle est cohérente aussi avec les lumières rouges clignotantes observées par T3, également utilisées au sol et à basse altitude par beaucoup d'aéronefs. La non perception des feux fixes de navigation vert et rouge peut résulter de la présence des phares dont la lueur surpasse les premiers. Cela peut aussi expliquer la non perception des feux à éclats blanc, mais ils ont pu ne pas être présents car ces derniers ne sont pas obligatoires pour tous les avions et phases de vol.

L'absence de perception de bruit est usuelle dans les méprises avec les aéronefs. On note ici que le vent est transverse à la direction d'observation et ne favorise pas le bruit.


Les éléments d'observation plaideraient pour un vol non usuel (dans ce secteur) à basse ou moyenne altitude d'un ou plusieurs avions. Nous n'avons aucun moyen pour valider une telle hypothèse 30 ans après mais force est de constater que cela est possible et pourrait produire la même perception (y compris multiforme) pour les témoins.


Ces témoignages et données collectées manquent de consistance. Aucun relevé aéronautique n'a été fait à l'époque, nous ne disposons d'aucun relevé de mesures angulaires de position du PAN dans le ciel et la taille angulaire du PAN. Rien n'a été entrepris pour comprendre ou valider les différences entre les témoignages, ni pour détecter les possibles influences entre témoins. (Ils ont parlés entre eux avant déposition).

Il n'est pas possible après réexamen de qualifier ce cas d'inexpliqué, puisque :

- d'une part l'hypothèse avion pourrait l'expliquer moyennant des conditions non usuelles (sans pour autant être extrêmes, loin de là) pour le lieu (moyenne ou basse altitude, un ou deux avions très proches).

- D'autre part le niveau d'étrangeté témoigné ne peut être validé, la consistance du cas est trop faible.


Aussi, bien que l'hypothèse avion soit plausible, la faible consistance des témoignages conduit à classer le cas en C : manque d'information fiable.
Compte-rendu : notes d'enquete.pdf
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Les cas D anciens revisités depuis 2017

Le pourcentage des cas D a considérablement baissé puisqu’il atteint 3% alors qu’il était supérieur à 15% en 2016.

Cette baisse provient :

  • Du nombre moindre de classification D en flux courant lors des 10 dernières années. Ce facteur est détaillé dans l’actualité du 14 décembre 2016.
  • Et surtout du travail de revisite opéré sur l’ensemble des cas D antérieurs à 2010 (depuis la création du GEIPAN en 1977). L’opportunité et la motivation de cette revisite sont détaillées dans l’actualité du 18 décembre 2017.


La revisite des cas anciens porte à ce jour sur près de 160 cas. Vous avez ici la liste complète des cas revisités avec les liens vers les dossiers publiés (accompagnés en règle générale d’un rapport détaillé). Le travail continue avec 65 cas en cours de revisite. Le pourcentage de cas D pourrait donc continuer à baisser.


Le très fort taux de reclassement (seulement 4 cas maintenus D à ce jour) peut s’expliquer par plusieurs raisons qui seront explicitées dans une actualité à venir.

 

Par ailleurs, la revisite pourrait porter aussi sur les autres cas (en particulier les cas C). A ce propos, le GEIPAN est ouvert à tous commentaires sur des conclusions spécifiques à tel ou tel cas.

Archives csv de l'ensemble des cas et témoignages publiés sur le site du GEIPAN

Ces archives sont des fichiers au format csv qui peuvent être importés dans des systèmes de gestion de base de données ou dans des tableurs.

Elle ne comprennent que les données descriptives des cas et des témoignages, les documents associés restent téléchargeables sur la page des cas. Par souci d'anonymat, les coordonnées géographiques fournies sont celles du centre ville de la commune d'OBSERVATION pour les cas récents (après mars 2008), et celle de la gendarmerie de dépôt du procès verbal d'OBSERVATION pour les cas anciens.

         

Base de données des cas

Base de données des témoignages