14 Décembre 2016

Forte baisse des CAS D sur les 10 dernières années



L’occasion de faire le point sur l’évolution du GEIPAN sur cette période.

 

Les statistiques des classifications (A, B, C, D) du GEIPAN sont réalisables par tout un chacun à partir du site du GEIPAN qui offre un mode de recherche de cas par classification, par année, de 1937 à aujourd'hui et par lieu d'OBSERVATION. Les cas d’observation classés D correspondent à des enquêtes qui n'ont pas permis d'avancer une explication aux observations rapportées, malgré la qualité et la consistance des données et des témoignages. Ce sont, au vrai sens du terme, des  "phénomènes aérospatiaux non identifiés"Le GEIPAN a fait le choix jusqu'à maintenant de présenter le pourcentage des différentes catégories en cumulé des cas publiés : ainsi pour la période 1975 à 2014, on trouve un pourcentage de cas D autour de 10% du total des cas A, B, C, D de cette même période * 


Ce pourcentage de cas D calculé uniquement sur les 10 dernières années passe à 2%. Cette évolution est suffisamment consolidée dans le temps et comprise pour qu’elle fasse l’objet d’une communication. Trois facteurs ont pu y contribuer :

  • 1. Un accroissement  par 3 du nombre de cas traités et publiés *
    L’essentiel de cette augmentation est constituée de cas banals ou simples, fausses étrangetés modernes (lanternes thaïlandaises, anomalies photos, etc..), et de cas s’avérant inexploitables. Un ensemble de cas non susceptibles de devenir D qui n’arrivaient pas au GEIPAN auparavant. Le nombre absolu de cas D serait resté constant que déjà son pourcentage serait mécaniquement réduit par 3.


Aussi, le nombre absolu de cas D/an devient plus pertinent que le pourcentage pour décrire l’évolution. Il est passé de 6,8 cas D/an en moyenne de 1975 à 2004, à 2,5 cas D/an en moyenne depuis 2005. Les deux autres facteurs ayant contribué à cela sont :

  • 2. Une définition plus précise et plus stricte des classifications des cas D *
  • 3. L'enquête plus approfondie sur l'ensemble des témoignages *

Il serait hasardeux de se prononcer sur l’évolution du « très étrange dans le ciel » uniquement à partir du nombre de cas D classés par le GEIPAN. En effet, ce dernier peut être affecté par des facteurs propres au GEIPAN tels que décrit ci-dessus et nul ne sait correctement apprécier l’évolution de la part du très étrange qui n’est jamais rapportée au GEIPAN. 

Globalement, depuis 2005 et la mise en place de sa mission actuelle, le GEIPAN traite un flux annuel de cas 3 fois plus grand, le nombre annuel de cas inexpliqués (cas D) s’est réduit d’un facteur 2,5. Les ressources humaines spécifiquement affectées au travail d’enquêtes ont un peu progressé, mais le GEIPAN a surtout su tirer parti des nouveaux outils numériques et internet, et faire progresser ses méthodes d’investigation (dont traitement du témoignage humain). L’objectif actuel du GEIPAN est de réduire le temps moyen de traitement des cas, entre autre par une meilleure identification en amont des témoignages dont l’étrangeté est trop faible pour nécessiter d’en identifier l’origine et de procéder à un traitement. Il est aussi de dégager des ressources pour revisiter les cas D anciens afin de disposer d’un corpus plus uniformisé de cas inexpliqués et faciliter l’exploration scientifique de l’inexpliqué. 

 

____

Le document joint ci-après reprend ces éléments avec plus de précisions ou détails

 

 

Compléments et précisions

 

STATISTIQUES DE CAS D : les statistiques publiées jusqu’ici sur le site GEIPAN se réfèrent à la totalité des cas d’observation sur des années d’observation allant de 1937 à ce jour.

  • Ces statistiques utilisent un mode de calcul dit « consolidé » qui ne retient que les années dont 70% des cas ont été traités. Ici nous utilisons le mode « dynamique » qui prend toutes les années sans distinction d’avancement dans le traitement. (voir actualité de Février 2016 précisant ces deux modes de calcul et au final leur faible différence).
  • Du 01/01/1975 au 30/12/2014 le nombre de cas inexpliqués D est de 227 pour 2292 cas publiés soit environ 10% des cas. Le nombre moyen de cas D/an est de 6,8 par an.
  • Du 01/01/2005 au 30/12/2014, le nombre de cas inexpliqués D est de 24 pour 1159 cas publiés soit environ 2%. Le nombre moyen de cas D/an est de 2,4 par an.
  • On note également que le pourcentage de cas expliqués (% A +B) a augmenté (70% contre 40% dans les décennies précédentes). 

                           

FORTE AUGMENTATION DU NOMBRE DE CAS : Multiplication par 3, il y a plus de cas en 10 ans (1159) que sur les 30 ans qui précèdent (1133). 

  • NOTA : Un cas d’observation GEIPAN correspond en moyenne à deux témoins ou témoignages. 
     Le GEIPAN renseigne aussi des témoins sans créer de « cas d’observation » lorsque cela est très banal, ainsi seulement un contact sur 2 donne lieu à un enregistrement, un traitement et une publication. Au total, le nombre de témoins servis par le GEIPAN est au moins 3 fois plus important que celui des cas d’observation traités et publiés, et se situe environ à 500 témoins/an.

Plusieurs raisons à cette forte augmentation de cas d’observation :

  • L'ouverture en mars 2007 du site internet du GEIPAN qui publie les témoignages et conclusions d’enquête et réceptionne les témoignages. Le GEIPAN est désormais plus connu, les témoignages arrivent directement au GEIPAN en plus du canal des gendarmeries locales. Cela correspond à l’évolution décidée en 2005 de la mission du GEIPAN avec une composante d’information et guichet public. 
  • L''arrivée massive de photos mystères avec l'utilisation des téléphones portables et appareils photos numériques (photos qui ne sont plus prises en compte aujourd'hui si le témoin n'a pas fait d'OBSERVATION visuelle du PAN) (voir l'actualité du 02/2011).
  • La multiplication des observations d'objets volants s'avérant rapidement être des lanternes thaïlandaises ou autres ballons ou objets volants festifs ou ludiques.

Malgré le nouveau guide d'identification des PAN mis en ligne en septembre 2011, l’accroissement de témoignages qui s’avèrent au cours du traitement manquer d’information ou de fiabilité (dates imprécises ou trop anciennes, directions d'OBSERVATION imprécises, incohérences, pas de recoupement possible …) et finissent par être classés en C (inexploitable) 

 

UNE CLASSIFICATION PLUS PRECISE A PARTIR DE 2008… 

 

En 2008, Le GEIPAN définit ou affine trois critères de classement des cas d'OBSERVATION (niveau d'étrangeté, validation des hypothèses envisageables et consistance du cas) qui aboutissent à mieux définir les catégories et surtout à scinder la catégorie D en deux catégories à part entière D1 et D2 : 

  • PAN de catégorie observation ayant été expliquée sans aucune ambiguïté

  • PAN de catégorie B : observation pour laquelle l'hypothèse retenue par le GEIPAN est considérée comme très probable

  • PAN de catégorie C : observation non analysable faute d'informations

  • PAN de catégorie D : observation inexpliquée malgré les éléments en possession du GEIPAN. La catégorie D recouvre deux sous-catégories :

    • Les PAN D1 qui correspondent à des phénomènes étranges, mais dits de consistance moyenne, par exemple associés à un témoignage unique, sans enregistrement photo ou vidéo. 

    • Les PAN D2 qui correspondent à des phénomènes très étranges et de consistance forte : plusieurs témoins indépendants et/ou des enregistrements photo ou vidéo et/ou des traces au sol.

 

L'objectif est de rendre la classification plus objective, plus transparente et mieux refléter l'état réel de connaissance du cas à l'arrêt de l'enquête (Voir l'actualité du 10/12/2008 "procédure classification PAN"). En dehors, des cas classés A, la classification ne peut donc pas être définitive tant que la véritable explication quelle qu'elle soit n'a pas été découverte et validée. Les cas D1 et D2 sont donc toujours susceptibles d'évoluer vers une autre catégorie en fonction de nouvelles informations, recoupement ou complément d'enquête. 

 

… ET UNE ENQUETE PLUS APPROFONDIE :

 

Depuis 2008, le GEIPAN établit la classification A, B, C, D1/D2 au terme d’une enquête plus approfondie. Le site du GEIPAN permet de collecter par le biais d’un questionnaire spécifique, de manière standardisée et la plus précise possible, les éléments de chaque témoignage. Ce questionnaire peut venir compléter le procès-verbal de gendarmerie. L’enquête est ensuite menée à distance sur dossier, et en plus si nécessaire par enquête « terrain » auprès du témoin (10% des cas). L’usage maîtrisé des nouveaux outils numériques et internet, révolutionne la technique d’enquête, surtout dans la phase initiale à distance. Les cas inexpliqués sont classés D1 ou D2 selon le niveau d’étrangeté et consistance et quasi systématiquement après une enquête terrain permettant la reconstitution de l'OBSERVATION et un entretien cognitif auprès des témoins. L’entretien cognitif permet une remise en contexte et une augmentation d'informations fournies pas le témoin sur son OBSERVATION. Les cas classés D1 ou D2 sont toujours publiés avec un compte rendu d’enquête. Les cas les plus complexes continuent à demander des enquêtes longues, dépassant souvent une année. Un collectif d'experts statue sur ces enquêtes particulières

 

Auparavant, du fait des outils limités de l’époque il n’était pas aisé à distance d’accroître significativement le niveau d’enquête déjà atteint par la gendarmerie locale. Aussi pour l’essentiel des cas, le PV de gendarmerie était la pièce maitresse utilisée (et publiée) par le GEIPAN pour étudier et classer le cas y compris pour un cas D. Pour autant, les cas les plus étranges ont fait l’objet, avant classification, d’une enquête de terrain approfondie, avec rapport ou note technique. En parallèle au traitement des nouveaux cas, le GEIPAN s’efforce de ré-enquêter ces anciens cas D. (Environ 20 cas retraités et 100 en cours, dont aussi des cas très anciens comme ceux de 1954, voir actualité « poursuite de la publication des cas de 1954 »).